En prétendant « rendre sa richesse à l’Amérique », Donald Trump a ouvert le premier front d’une guerre commerciale qui ne fera que des perdants. La France « est prête » à répliquer dans le cadre européen, assure Sophie Primas au micro de RTL. La porte-parole du gouvernement Bayrou, qui dit qu’« il n’y a pas d’autre chose que le rapport de force pour décider M. Trump », révèle que « l’ensemble des produits et des services américains » seront concernés, à commencer par les services numériques.

Les États-Unis ont abandonné un siècle de politique commerciale en imposant des droits de douane de 10 % sur l’ensemble des biens venant de l’étranger, auxquels s’ajoutent des « droits réciproques » calculés au doigt mouillé, un mélange baroque d’estimations des « manipulations du cours des devises » et de dédommagement des « barrières douanières ». Le tableau agité par Trump devant son cabinet comportait des incohérences aussi grossières qu’un taux de 29 % imposé à l’île Norfolk, un territoire australien peuplé de 2 200 personnes… qui n’exportent rien vers les États-Unis.
Cela pourrait prêter à sourire si ces droits de douane n’entraient pas en vigueur entre le 5 et le 9 avril prochain, au taux de 34 % pour la Chine, 24 % pour le Japon et 20 % pour l’Union européenne. C’est une « immense difficulté » pour l’Europe et une « catastrophe » pour les États-Unis, déclare François Bayrou. Donald Trump « se prend pour le maître du monde », ajoute Sophie Primas, « c’est une posture impérialiste qu’on avait un peu oubliée, mais qui revient avec grande force et grande détermination ».
La porte-parole du gouvernement assure que l’Union européenne va réagir dès la mi-avril avec une première batterie de mesures correspondant « à sa première attaque sur l’aluminium et l’acier ». Viendra ensuite « un deuxième jeu de riposte qui sera probablement prêt à la fin du mois d’avril sur l’ensemble des produits et des services », encore en cours de négociation entre les pays membres, mais qui devrait concerner « les services numériques qui aujourd’hui ne sont pas taxés ». Amazon, Apple, Google, Meta et Microsoft apprécieront.
« L’accès à nos marchés publics » pourrait aussi être restreint, assure-t-elle, « nous avons aujourd’hui toute une batterie d’outils et nous sommes prêts à cette guerre commerciale ». Le cours du dollar dévissait ce matin, avec une ampleur inédite depuis 2015, et tous les marchés ont ouvert à la baisse. La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a déjà revu les estimations de croissance à la baisse de 0,9 à 0,7 %. Le président de la République, Emmanuel Macron, recevra les « représentants des filières impactées » à l’Élysée à partir de 16 h.