À deux semaines de l’investiture de Donald Trump, le monde de la tech se prépare. Tim Cook et Sam Altman ont déjà prévu une donation personnelle à 7 chiffres au futur président, tout comme Jeff Bezos qui le fera par le biais d’Amazon. Elon Musk est de son côté le mieux placé étant donné qu’il a été élu à la tête d’un nouveau « département de l’efficacité gouvernementale ». Nombreux sont les CEO a avoir fait le déplacement en Floride pour dîner avec les Trump à Mar-a-Lago, comme Sundar Pichai ou Mark Zuckerberg.
Le patron de Meta justement, avait tout intérêt à se refaire une image auprès du futur président. La relation entre les deux hommes n’est pas au beau fixe : Meta a supprimé les comptes de Trump suite à l’attaque du Capitole, ce dernier a menacé de mettre Zuckerberg en prison, envisagé d’attaquer Facebook en justice… Le CEO de Meta veut se faire bien voir et vient d’annoncer de gros changements à venir sur ses plateformes. Facebook et Instagram vont abandonner les opérations de fact-checking aux États-Unis au profit d’un système de notes de communauté, un système inspiré du Twitter d’Elon Musk.
Dans une vidéo partagée sur ses différentes plateformes, Mark Zuckerberg indique vouloir « revenir aux bases » pour ce qui est de la liberté d’expression sur Facebook et Instagram. « Les gouvernements et les médias traditionnels ont fait pression pour censurer de plus en plus. Il s'agit en grande partie d'une question politique », affirme-t-il. Selon lui, les fact-checkers « ont été trop orientés politiquement et ont détruit plus de confiance qu'ils n'en ont créée, en particulier aux États-Unis ».
Le CEO explique vouloir supprimer différentes restrictions jugées trop éloignées du discours dominant sur des sujets comme l’immigration ou le genre. « Ce qui a commencé comme un mouvement visant à être plus inclusif a de plus en plus été utilisé pour fermer les opinions et exclure les personnes ayant des idées différentes, et c'est allé trop loin ». Le règlement sur les discours haineux de Facebook a été mis à jour dans la foulée aux États-Unis. Il autorise maintenant les utilisateurs à publier des propos injurieux sur les personnes LGBT :
Nous autorisons les allégations de maladie mentale ou d'anormalité lorsqu'elles sont fondées sur le sexe ou l'orientation sexuelle, compte tenu du discours politique et religieux sur le transgendérisme et l'homosexualité et de l'utilisation courante et non sérieuse de mots tels que « bizarre » […] Nous autorisons les contenus qui plaident en faveur de limitations fondées sur le sexe pour les emplois dans l'armée, les forces de l'ordre et l'enseignement.
Les équipes de modération de Meta vont déménager de la Californie démocrate au Texas républicain afin d’éviter ce que Mark Zuckerberg présente comme un « biais ». Dana White, ami de Trump et président d’une organisation de MMA (combat libre), va rejoindre le conseil d’administration de Meta. Le timing n’est évidemment pas anodin, Zuckerberg déclarant d’ailleurs que les récentes élections ont « donné l'impression d'un point de bascule culturel vers la priorité donnée à l'expression ». Ces appels du pied fonctionnent. « Honnêtement, je pense qu'ils ont parcouru un long chemin, Meta, Facebook », a déclaré Donald Trump lors d'une récente conférence de presse tenue après l'annonce de Meta.