Orange a été la semaine dernière pris en grippe par l’Arcep : le gendarme des télécoms estime en effet que l’opérateur a des visées monopolistiques sur le marché de la fibre, dont il détient 75%. Il reste peu de place à la concurrence, qui n’a peut-être pas investi suffisamment ou aussi judicieusement qu’Orange. Des blocages administratifs peuvent aussi être à l’origine de ces difficultés. L’opérateur historique a déjà eu l’occasion de répliquer vivement une première fois dans la presse (lire : Orange veut déployer sa fibre à son rythme, même si l’Arcep n’est pas d’accord).
Pierre Louette, le directeur général délégué du groupe, en remet une couche ce lundi dans les colonnes du Figaro. Pour commencer, il confirme qu’Orange investit « trois fois plus que ses rivaux » dans la fibre, ce qui explique pourquoi il est si en avance dans ce secteur. Il se défend d’abuser de sa position dominante : « Quand un opérateur fibre un immeuble, il en informe ses concurrents et attend trois mois pendant lesquels il ne faut faire aucune démarche commerciale, afin de laisser le temps aux autres opérateurs de se raccorder ».
Bon prince, Orange fournit depuis quelques semaines un site sur lequel les opérateurs qui le souhaitent peuvent obtenir une offre d’accompagnement qui comprend, entre autres, un coup de main pour accéder aux armoires présentes dans les immeubles.
Pierre Louette prend également l’exemple de Free qui, grâce à sa participation dans une opération de cofinancement avec Orange, est maintenant en mesure de raccorder à la fibre plus de 5 millions de foyers. « Aujourd’hui, 400.000 logements déployés par Orange qui sont raccordés par Free », précise-t-il. Mais voilà, Free a « très significativement ralenti ses investissements dans ce domaine ».
La réplique de Free
Free a pris le parti de l’Arcep : vendredi, Maxime Lombardini le directeur général de l’opérateur déclarait dans Les Echos que les mesures du régulateur étaient « de bon sens ». Elles visent à « corriger à la marge le cadre réglementaire pour que tous puissent investir et migrer leurs abonnés (…) Un opérateur historique qui a 75 % de part de marché sur les réseaux du futur, cela commence à faire peur ».
À l’argument selon lequel Orange a bien plus investi dans le déploiement de sa fibre que ses concurrents, Free oppose la quasi-exclusivité dont jouissait l’historique dans les zones très denses : les techniciens d’Orange pouvaient passer leurs câbles dans les fourreaux des immeubles, quand les autres opérateurs devaient creuser des tranchées. Une époque (de 2006 à 2010) qui a permis à Orange d’établir les bases de son monopole, selon Lombardini. « Leur avance ne repose donc pas seulement sur l’investissement et le talent… ».
Free rappelle également l’investissement dans son réseau à hauteur de 30% de son chiffre d’affaires, avec une bonne partie qui file dans la fibre, « davantage qu’Orange en proportion ». Du côté de SFR, on annonce une « présentation du bilan et des ambitions de SFR en matière de très haut débit » pour le 23 janvier. Ce sera sans doute l’occasion pour l’opérateur au carré rouge de répliquer à Orange.